Paris Attentats de Paris : Pauline Planté, de Ploumagoar, a perdu deux amis au Bataclan

Originaire de Ploumagoar, Pauline Planté a perdu deux amis, vendredi, au Bataclan : Lola Salines et Mathieu Hoche. La jeune femme témoigne.

19/11/2015 à 17:10 par Gaël Arcuset

 

Mathieu Hoche et Lola Salines étaient deux amis de Pauline Planté, de Ploumagoar. Ils n'ont pas survécu aux attentats du Bataclan.
Mathieu Hoche et Lola Salines étaient deux amis de Pauline Planté, de Ploumagoar. Ils n'ont pas survécu aux attentats du Bataclan.

Jeune réalisatrice originaire de Ploumagoar où ses parents, Marie-Pierre et Jean-Luc, sont bien connus, Pauline Planté vit depuis quelques années à Paris (près de la place de la République). À quelques encablures en fait du Bataclan, du Petit Cambodge ou du Carillon, quelques-uns des sites visés par les terroristes.

Vendredi soir, après une journée fatigante, la jeune femme s’est posée chez elle. « J’avais prévu de sortir dans le 18e arrrondissement, mais je me suis endormie en fait. C’est le téléphone qui m’a réveillée. Des proches me demandaient des nouvelles. J’ai alors allumé la télé et j’ai compris. J’ai ensuite appelé une bonne copine qui habite près du Petit Cambodge. La police ne voulait pas la laisser rentrer chez elle et je l’ai donc hébergée. On a passé la nuit devant la télé et sur Facebook à suivre les événements. »


Je suis triste pour l’humanité

 

Très vite, les informations circulent sur les réseaux sociaux. Au Bataclan, la jeune réalisatrice de 30 ans apprend le décès d’un copain, Mathieu Hoche, un technicien de France 24, qu’elle avait côtoyé professionnellement, et beaucoup plus tard, celui d’une amie, Lola Salines.

« On se fréquentait avec Lola, une fille super gentille, et on faisait partie du même collectif, La Sourdoreille, un petit groupe privé sur Facebook, fan de musique. Je me souviens avait aussi qu’on avait passé un superbe week-end avec elle et des potes sur l’île de Brehat. »

Éditrice chez Grund, la jeune femme a perdu la vie comme 88 autres personnes pour avoir assisté à concert. Sa photo et un avis de recherche ont longtemps circulé sur les réseaux sociaux. Ils ont laissé place à un avis de décès. Un nom, un visage pour un destin brisé. Pauline ne comprend pas.

 

« Des endroits que je fréquente »

« Samedi, on a vu avec des potes qu’elle manquait à l’appel et on s’est inquiété encore un peu plus. C’est encore un peu étrange ce mardi, irréel même comme sentiment même si ça s’est passé vendredi. J’ai du mal à m’en remettre. Le petit Cambodge et le Carillon, ce sont des endroits que je fréquente. Aujourd’hui, je suis triste pour tous ces morts, ces blessés, leur famille, pour l’humanité aussi. Quand je suis allée travailler, lundi, j’avais envie de pleurer dans le taxi. Je ne comprends pas : comment peut-on en arriver là ? Quel est ce monde ? »

Bouleversée, Pauline ne se laissera pas déstabiliser pour autant par cette folie meurtrière déshumanisée. « Je ne resterai pas recluse chez moi. Je continuerai de sortir et de vivre. »

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